Que faire à Lourmarin quand on a un jour, ou trois
Lourmarin tient dans une demi-heure de marche et vous y passerez la journée. Château Renaissance, tombe d'Albert Camus, trois clochers, un marché du vendredi qui remplit tout le village, et la seule route qui traverse le Luberon d'un versant à l'autre. Voici ce qu'on y voit, quand venir, et comment s'organiser.
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Pourquoi Lourmarin, et pas un autre village
Lourmarin occupe une position que la géographie lui a donnée. Le village se tient exactement là où le massif s'interrompt : la combe de Lourmarin, creusée par l'Aigues Brun, est la seule ouverture naturelle entre le Petit et le Grand Luberon. Tout ce qui passe du nord au sud du massif passe par ici. Cela explique le château, la taille du bourg, et l'animation qu'on y trouve encore aujourd'hui.
Le village fait partie des cinq communes du Luberon classées « Plus Beaux Villages de France », avec Ansouis, Gordes, Ménerbes et Roussillon. Il est petit. Vous en faites le tour en une demi-heure si vous marchez droit. Personne ne marche droit à Lourmarin.
À retenir avant de partir :
- Le marché a lieu le vendredi matin, toute l'année, de 8h à 13h.
- Le château se visite tous les jours, avec des horaires qui changent selon la saison.
- La tombe d'Albert Camus se trouve au cimetière communal, en accès libre.
- Le stationnement est gratuit en périphérie, mais il se mérite le vendredi.
- Les gorges de Régalon sont fermées depuis l'automne 2025.
Le village et ses ruelles
Marcher sans itinéraire
Le centre ancien se parcourt à pied, et c'est la seule bonne façon de le faire. Les rues montent doucement, se rétrécissent, tournent. Les façades sont ocre, beige, gris pâle, avec des volets qui ne sont jamais tout à fait de la même couleur d'une maison à l'autre. Il y a des fontaines à presque chaque croisement, des portes anciennes, des pots de basilic sur les seuils. Vous n'avez pas besoin de plan : le village est assez petit pour qu'on s'y perde sans conséquence, et c'est précisément l'intérêt.
Prenez le temps de lever les yeux. Les linteaux datés, les escaliers extérieurs, les passages couverts racontent un village qui a été reconstruit plusieurs fois. Le meilleur moment pour cette promenade est le matin tôt, ou la fin d'après-midi quand la lumière rase les murs.
Les trois clochers
Lourmarin se repère de loin à ses trois silhouettes. Le beffroi, appelé aussi le Castellas, abrite l'horloge publique et s'élève sur les fondations d'une ancienne fortification médiévale. L'église Saint-André-et-Saint-Trophime mêle le roman et le gothique. Le temple protestant, enfin, dit à lui seul l'histoire du village : construit à partir de 1806 sur des plans de l'architecte Michel-Robert Penchaud et inauguré en 1817, il a été inscrit au titre des monuments historiques en 1991.
Ce temple n'est pas un décor. Au XVe siècle, le seigneur Foulques d'Agoult fit venir des familles vaudoises pour repeupler un village dépeuplé, et cette communauté a marqué durablement le Luberon avant d'être persécutée au siècle suivant. Lourmarin est resté un village protestant. Trois clochers pour un millier d'habitants, c'est une anomalie qui a une raison.
Le château de Lourmarin
Il domine le village depuis l'ouest, au bout de l'avenue Laurent-Vibert. On le présente comme le premier château Renaissance de Provence, et la lecture du bâtiment le confirme : une aile ancienne, bâtie à la fin du XVe siècle par Foulques d'Agoult, et une aile Renaissance élevée à partir de 1526. Le château est protégé au titre des monuments historiques depuis 1946 pour le parc et les terrasses, et depuis 1948 pour le bâtiment.
Abandonné après la Révolution, le château a été racheté et restauré en 1920 par Robert Laurent-Vibert, qui l'a légué à une académie aixoise avec une condition : qu'il devienne une résidence d'artistes. Il l'est resté. Peintres, sculpteurs et musiciens y séjournent, et la saison estivale y amène concerts et expositions. L'aile Renaissance est meublée et présente des collections du XVe au XIXe siècle.
Côté pratique : le château ouvre tous les jours, avec une fermeture les 25 décembre et 1er janvier, et une fermeture annuelle de quelques jours à la mi-janvier. Les horaires suivent la saison — de 10h30 à 18h45 de mai à septembre, de 10h30 à 17h45 en avril et en octobre, et en deux services de 10h30 à 12h45 puis de 14h30 à 17h15 de novembre à mars. Les dernières entrées se font 45 minutes avant la fermeture. Le tarif plein est de 8 €, le tarif réduit de 6,50 €, l'entrée à 3,50 € pour les 6-12 ans et gratuite en dessous. Ces informations évoluent d'une année sur l'autre : vérifiez avant de vous déplacer.
Comptez une bonne heure de visite, davantage si vous montez jusqu'à la terrasse, d'où l'on voit la plaine et la trouée de la combe. Nous avons consacré un guide entier au château et à la tombe de Camus, avec plus de détail sur l'histoire du lieu.
La tombe d'Albert Camus
Camus avait acheté en 1958, avec l'argent du prix Nobel, une ancienne magnanerie à Lourmarin. Il y a écrit, il y a vécu par intermittence, et il y a été enterré après sa mort dans un accident de voiture en janvier 1960. La tombe se trouve au cimetière communal, sur l'avenue Henri-Bosco, à quelques minutes à pied du centre.
Ne cherchez pas un monument. C'est une pierre sobre, envahie par le romarin et les iris, à l'ombre d'un laurier-rose. Francine Camus repose à côté. Un peu plus loin dans le même cimetière, une dalle simple porte le nom d'Henri Bosco, autre écrivain du Luberon, mort en 1976. Bosco, installé à Lourmarin depuis 1922, fut l'un des écrivains qui firent connaître le village à Camus.
Deux précisions utiles. Le cimetière est un cimetière de village, encore en usage : on s'y tient tranquille. Et la maison de Camus, dans la rue qui porte aujourd'hui son nom, ne se visite pas — elle est habitée. Vous pouvez passer devant, pas davantage.
L'office de tourisme du village propose ponctuellement une visite guidée sur les traces de l'écrivain. Elle se cale sur les saisons et se réserve à l'avance.
Le marché du vendredi matin
C'est le rendez-vous qui change la physionomie du village. Le marché de Lourmarin se tient chaque vendredi, toute l'année, de 8h à 13h, dans le centre. En haute saison, il compte parmi les plus grands du Vaucluse : les étals débordent des places sur les boulevards et les rues adjacentes. Alimentaire d'abord — maraîchers, fromages, olives, épices, poissons — mais aussi textile, vannerie, savons et artisanat.
Trois conseils de riverain. Arrivez avant 9h : vous circulerez, vous verrez les producteurs, et vous vous garerez. Après 10h30 en juillet, le village est saturé et la chaleur s'installe. Ensuite, garez-vous d'emblée en périphérie et finissez à pied ; tenter d'approcher le centre en voiture un vendredi matin coûte plus de temps que la marche. Enfin, apportez un sac : les commerçants ne fournissent pas toujours.
Il existe un second rendez-vous, moins connu : un marché du soir des producteurs, le mardi en fin d'après-midi, à partir de 17 h, d'avril à octobre. Plus petit, plus local, plus calme. Le détail des deux marchés, les emplacements et les bonnes adresses sont dans notre guide du marché de Lourmarin.
Terrasses, boutiques et pauses
Lourmarin vit de ses commerces autant que de son patrimoine. Vous y trouverez une librairie, des galeries, des ateliers de céramique, des caves qui font déguster les vins du Luberon, des épiceries fines et une boulangerie devant laquelle la file est un bon indicateur. Les terrasses des places se remplissent dès midi, et la plupart des restaurants du centre affichent complet le vendredi et le samedi soir en été : réservez.
À la sortie du village, sur la route d'Apt, notre restaurant sert midi et soir, sept jours sur sept, sous les arbres du domaine — cuisine italienne et thaïe, planches à partager, bar à cocktails. C'est aussi une solution simple les jours où le centre est saturé : on s'y gare sans chercher.
Marcher et rouler autour du village
La combe de Lourmarin
La D943 remonte vers Bonnieux et Apt en suivant la combe, entre des falaises calcaires qui se resserrent au-dessus de la route. C'est la seule traversée nord-sud du massif, et le trajet vaut à lui seul le détour, en voiture comme à vélo. Des sentiers partent du fond de la combe et suivent l'Aigues Brun vers Buoux, dans une fraîcheur qui contraste avec la garrigue au-dessus. Le fort de Buoux, éperon fortifié dominant la vallée, se visite une grande partie de l'année, avec un jour de fermeture hebdomadaire et une fermeture par gros temps : renseignez-vous avant de monter, l'accès final se fait à pied sur un terrain irrégulier.
Les gorges de Régalon
C'est la randonnée que tout le monde cite, et c'est aussi celle qu'il faut vérifier. Les gorges de Régalon, sur la commune de Cheval-Blanc, sont fermées à la circulation depuis l'automne 2025 à la suite de chutes de blocs provoquées par de fortes pluies. Une expertise géologique conditionne la réouverture, et aucune date n'a été communiquée. Le parking existe toujours, l'entrée des gorges reste interdite. Consultez le site de la commune avant d'envisager la sortie.
Accès aux massifs en été
Du 15 juin au 15 septembre, l'accès aux massifs forestiers du Vaucluse est réglementé par arrêté préfectoral en raison du risque d'incendie. Une carte est publiée chaque jour pour le lendemain, avec quatre niveaux allant de l'accès libre à l'interdiction totale. Consultez-la la veille au soir : une randonnée annulée vaut mieux qu'un massif fermé découvert au départ du sentier.
À vélo
Lourmarin est une étape de la véloroute « Autour du Luberon », boucle balisée d'environ 240 kilomètres et 2 620 mètres de dénivelé, découpée en six étapes. On peut n'en faire qu'un morceau : la journée vers Cucuron et Vaugines par les petites routes du versant sud est douce et roulante. Nous louons des vélos électriques sur place, 25 € la demi-journée et 39 € la journée, sur réservation ; les itinéraires que nous conseillons sont détaillés dans notre guide du Luberon à vélo électrique.
Les villages voisins
Lourmarin fait un bon camp de base : la plupart des villages du sud Luberon sont à moins d'une demi-heure de route.
- Cucuron — son bassin de l'Étang, bordé de platanes plantés au XIXe siècle, ancien réservoir qui alimentait un moulin à farine. Terrasses à l'ombre, ambiance de fin d'après-midi.
- Vaugines — plus discret, sa fontaine et son église romane isolée dans les champs.
- Ansouis — village perché, également classé parmi les Plus Beaux Villages de France, dominé par son château.
- Cadenet — plus vivant, plus commerçant, au bord de la Durance.
- Bonnieux et Ménerbes — de l'autre côté de la combe, sur le versant nord, avec les vues qui vont avec.
- Gordes et Roussillon — plus loin, plus fréquentés, à réserver à une journée entière.
Notre sélection des plus beaux villages du Luberon détaille les itinéraires et le temps à prévoir pour chacun.
Une journée à Lourmarin
Matin. Arrivez tôt, garez-vous en périphérie et montez dans le village avant que les terrasses se remplissent. Une heure de flânerie dans les ruelles, la fontaine, les trois clochers. Puis le cimetière et la tombe de Camus, sur l'avenue Henri-Bosco — c'est court, c'est calme, c'est mieux le matin.
Milieu de journée. Le château à l'ouverture ou juste après, pour éviter le milieu d'après-midi en été. Comptez une heure. Déjeunez ensuite, en réservant si vous êtes plus de quatre.
Après-midi. Les heures chaudes ne se passent pas en marche. Deux options : une boucle en voiture par la combe vers Buoux et Bonnieux, à l'ombre des falaises, ou une pause au bord de l'eau. Nous avons un plan d'eau naturel alimenté par la rivière, sous les arbres du domaine, décrit sur cette page.
Fin de journée. Repassez dans le village vers 18h30. La lumière change, les commerces rouvrent, les places redeviennent respirables. C'est le meilleur moment pour les photos et pour l'apéritif.
Deux ou trois jours : que faire de plus
Deuxième jour — le versant nord. Passez la combe le matin. Bonnieux, puis Ménerbes, et si le temps le permet Roussillon et ses ocres en fin de journée. Prévoyez la journée complète : les routes sont belles mais lentes, et c'est tant mieux.
Troisième jour — le sud, à rythme lent. Cucuron et son bassin, Vaugines, Ansouis. C'est le circuit idéal à vélo électrique depuis Lourmarin : peu de dénivelé, des villages rapprochés, des terrasses tous les huit kilomètres. Si vous préférez marcher, choisissez un sentier du versant sud et partez tôt, en vérifiant la carte d'accès aux massifs entre juin et septembre.
Si vous restez le vendredi, gardez la matinée libre pour le marché. C'est une raison suffisante de caler son séjour du jeudi au samedi.
Dormir sur place change le séjour : vous voyez le village avant et après les visiteurs de la journée. Nous avons huit chambres, de 75 à 155 €, dans un domaine au bord de l'Aigues Brun à quelques minutes du centre — les chambres sont toutes différentes. Pour comparer les quartiers et les formules, lisez où dormir à Lourmarin.
Quand venir
Printemps. La meilleure saison, sans discussion. Avril et mai donnent des journées douces, des vergers en fleurs, un village animé mais pas engorgé. Les soirées restent fraîches : prévoyez une veste.
Été. Juillet et août sont chauds et pleins. Le village se vit tôt le matin et après 18h. Réservez tout : table, hébergement, activités. Les massifs sont réglementés, et parfois fermés, pour le risque d'incendie.
Automne. Septembre est peut-être le meilleur compromis : eau encore agréable, lumière longue, terrasses libres. Octobre apporte les couleurs des vignes et un village qui se calme franchement.
Hiver. Le Luberon sans personne. Le marché tient bon le vendredi, le château ouvre en horaires réduits, et les balades dans la combe sont dégagées. Vérifiez simplement ce qui reste ouvert : plusieurs commerces ferment quelques semaines.
Comment s'y rendre et se garer
En voiture
C'est le mode le plus simple. Depuis l'A7, sortez à Sénas puis rejoignez Lourmarin par la D973 via Lauris. Comptez environ vingt-cinq minutes depuis Cavaillon et une cinquantaine de minutes depuis Avignon. Depuis le nord du massif, la D943 descend par la combe de Lourmarin : c'est le plus beau des accès.
En train puis en voiture
Les gares utiles sont Avignon TGV et Aix-en-Provence TGV. Aucune des deux n'est proche à pied ; louez un véhicule à l'arrivée ou prévoyez un transfert.
En car
Le réseau régional Zou ! dessert Lourmarin par des lignes de proximité reliant notamment Cadenet, Cucuron et Aix-en-Provence. Les fréquences sont limitées et les horaires changent selon les périodes scolaires : consultez le réseau avant de compter dessus.
Le stationnement
Lourmarin dispose de plusieurs parkings gratuits en périphérie du centre, ce qui est rare dans le Luberon. En pratique, tout se joue sur l'heure : hors vendredi et hors juillet-août, vous trouverez sans difficulté. Le vendredi matin et les week-ends d'été, visez avant 9h ou après 17h. Les rues du centre sont étroites et en partie piétonnes : n'essayez pas d'y entrer en voiture.
Nous disposons d'un parking gratuit sur le domaine, à quelques minutes à pied du village. Pour toute question d'accès ou d'organisation, notre réception répond 24h/24 — les coordonnées sont sur la page contact, et la page de l'hôtel décrit le domaine plus en détail.